Narcotrafic : Les barons de la drogue épinglés
Source : L'observateur Guinéen : Dernière Mise à jour : 28/02/2009

Le Capitaine Moussa Tiégboro Camara, secrétaire d'Etat à la Présidence chargé des services spéciaux, antidrogue et le grand banditisme marque des points. Les services de ce Département viennent d'interpeller plusieurs personnes, dont des hauts cadres de la police, présumés coupables de trafic de drogue et stupéfiants.


 
 

 

Selon toute vraisemblance, ils agissent au compte d'un des cartels de narco d'Amérique latine. Des déclarations préliminaires faites à la Présidence par les intéressés on retient qu'ils opèrent sur le territoire guinéen depuis de longues années en complicité étroite avec des trafiquants venus de Colombie, Mexique, Venezuela et d'autres pays de cette région où de véritables réseaux sont instaurés. La drogue transitant par la Guinée, il reste à savoir son origine et l'identité de ces cartels.

 

Depuis longtemps, cette pratique est de mise dans notre pays. Les narcos bénéficiant de la couverture de la haute autorité de l'Etat et surtout de hauts cadres de l'armée et de la police guinéenne, ils agissent en toute impunité et se servent même des infrastructures aéroportuaires et portuaires en plus des frontières terrestres. Les principaux axes connus sont les aérodromes de Soké, Faranah, Kissidougou et Macenta en plus du port de Conakry, des débarcadères le long de nos côtes, les frontières terrestres de Soké, Forécariah, Koundara, Kindia et encore Faranah.

 

Les sud-américains ont noué des liens serrés avec des Guinéens en agissant au nom d'opérateurs économiques voulant investir dans notre pays. Munis de faux documents, ils roulent avec des sommes colossales en dollars ou Euro d'hôtel en hôtel en Guinée et à bord de rutilantes 4X4 assombries de glaces teintées. Il arrive même que des cadres se convertissent en chauffeur pour convoyer les cargaisons de drogues déposées par avion et autres embarcations à destination de Conakry où des passeurs attendent avec boulimie.

 

Qui plus est, Conakry est devenue une plaque tournante de ce trafic. Conséquences immédiates, la prostitution et la délinquance fusent depuis que ce commerce a pris cette allure exponentielle. Des somptueuses maisons émergent d'un coup à Conakry et dans certaines villes de l'intérieur. Quelque fois, les populations s'interrogent sur l'origine de l'argent qui a servi à la construction de telles infrastructures ou à l'achat de telles voitures en un temps aussi court.

 

Les administrations publiques et privées se sont retrouvées infiltrées de près ou de loin par le narco trafic avec des ramifications extrêmement puissantes. Les réseaux sont alimentés par les cartels diversifiés à travers le monde entier. A un moment donné, ces cartels ont tenté vainement de racheter des actions dans structures bancaires, histoire d'affaisser le pays, surtout que l'argent colossal que génère la drogue avait fini par influencer les mouvements de capitaux en Guinée. L'extrême galop de l'inflation s'expliquait en partie par l'injection de contrefaction monétaire dans le circuit bancaire.

 

L'autre facette de ce trafic est celle de la filière nigériane qui a été aussi longtemps protégée en Guinée par les mêmes réseaux. Les nigérians opèrent avec une ruse extraordinaire. Ils alimentent une boutique de produits cosmétiques ou alimentaires, puis la nuit cet établissement sert de lieu de trafic et de tournage de films pornographiques. Les filles et femmes qui se prêtent à cela perçoivent entre cent et cinq cent dollars la passe et sont soumises à des pratiques sexuelles indescriptibles. Et sous l'effet des drogues absorbées, elles sèment la terreur dans les environs au vu et su de tout le monde sans coup férir.

A un moment donné de folles rumeurs faisaient état de l'utilisation de ces femmes pour transporter de la drogue entre la Guinée et d'autres pays frontaliers. Ce qui s'est avéré au fil du temps.


Curieusement, chaque fois qu'on déclare à la presse de saisies de drogues, surtout à partir de l'aéroport l'on ne retrouve plus de trace. Est ce que les saisies sont incinérées? Sinon où sont-elles? Et les personnes qui transportent sont-elles dans les mains de la Justice?Les réponses à ces questions donneront une idée sur la position exacte et la force des narcotrafiquants en Guinée.

 

En troisième lieu, l'on se demande quel rôle jouent les services de douane basés, dit-on, le long des points stratégiques du territoire au moment des transactions entre passeurs et propriétaires de drogue. Le cas le plus récent est celui de Soké en juillet dernier. La douane n'a jamais fourni la moindre explication sur les mouvements en ce lieu.

 

Complicité tacite ou démission? En tout cas, le train de vie de certains agents de douane- surtout ceux qui ont servi à l'aéroport et au port- indique tout simplement qu'un salaire, quelque soit la hiérarchie, ne peut supporter de tels investissements: hôtels de luxe, châteaux en bordure de mer, grosses cylindrées, des villas à l'extérieur, des frais d'études onéreux dans des écoles et universités étrangères en plus de comptes bancaires bien nourris par endroits...


Ca va se savoir.

 

Alhassane Souaré /HOROYA





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