Au cours de l’audience, pardon du jugement préliminaire, ‘’subi’’ par les commissaires de Police et autres anciens hauts fonctionnaires, suspectés d’avoir ‘’collaboré’’ avec les cartels de drogue, le ministre de la Sécurité, Mamadouba Toto Camara, s’est montré inquiet face aux menaces qui pèseraient sur l’équipe du CNDD et de son président Moussa Dadis Camara.
De manière improvisée, le général Toto dira en substance au chef de l’Etat, qui menait cette audience – interrogatoire, de faire beaucoup attention.
Ce que ce dernier n’a pas digéré. « Je n’ai pas peur de mourir. Vous faites honte au CNDD et manquez de patriotisme mon général. Si ce n’était ce respect pour le peuple de Guinée, j’allais vous déchoir à l’instant. Car, poursuit-il, en tant que ministre de la Sécurité, vous avez déjà peur mon général ».
Et, ne s’arrêtant pas en si bon chemin, à Dadis de marteler : « Si je meurs, il y aura bien d’autres patriotes pour poursuivre l’œuvre entreprise. »
Le président, comme pour faire évaluer son courage, et se jeter à corps perdu dans l’arène, sortira même de la salle, criant dehors à tue-tête : « Faut m’abattre alors ! »
A lui encore de préciser plus tard que le temps du trafic d’influence, et de l’anxiété est révolu. A son corps défendant, le général Toto subira une véritable douche écossaise. Echappant de peu au limogeage. L’audience est d’ailleurs terminée par cette tonne de reproches dont il a été fulminé.
Le secrétaire d’Etat chargé de la lutte antidrogue, renchérissant les dires de son mentor, précisera à son tour qu’il est le seul membre du CNDD et du gouvernement à n’avoir pas de garde du corps parce qu’il «n’a peur de rien ». « C’est pourquoi, ajoutera-t-il, je marche à pieds et je n’ai pas peur de mourir pour cette cause juste ».
Au CNDD, la donne est désormais claire : pas de place pour la poltronnerie. Alors, le général Toto en sursis ? Rien de moins sûr.
Sambegou Diallo, Aminata.com