GRANDE INTERVIEW GCI : Avec Abdoulaye KEITA, Coordinateur Général EDG
Source : Guineeconakry.info : Dernière Mise à jour : 20/11/2012
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Désormais pour le courant, cela va être comme pour le téléphone. Avant de consommer, il vous faudra recharger des unités. Cette option va beaucoup contribuer à renflouer les caisses d’EDG » dixit le Coordinateur Général de la société Electricité de Guinée. L'une des promesses de campagne du Président Alpha Condé était l’amélioration de la desserte en électricité du pays. En témoigne des montants importants qui ont été engagés au cours des deux dernières années dans ce secteur. Un engagement qui commence, bien entendu, à faire tâche d’huile grâce au dévouement personnel du Coordinateur Général d'EDG, Abdoulaye Kéita, à la tête d’une équipe de professionnels, qui veulent mettre toutes les chances de leur côté pour relever ce défi, quoique difficile mais bien à leur portée, pour peu qu'ils aient le soutien de tous. Entretien ouvert à toute la presse guinéenne
 


GuineeConakry.Info : Des montants astronomiques sont annoncés dans le secteur d’électricité depuis l’évènement du président Alpha Condé au pouvoir. S’il ya eu des progrès remarquables dans certains domaines, il faut reconnaitre que beaucoup reste à faire, n’est ce pas ?

Abdoulaye Kéita : Je vous remercie de m’avoir donné l’occasion d’informer l’opinion publique  nationale et internationale sur les avancées et progrès qui sont en train d’être réalisés dans le secteur de l’énergie dans notre pays. Grâce à la volonté politique du président de la République, Pr Alpha Condé, au soutien de son gouvernement, du ministère d’Etat en charge de l’Energie et des partenaires et bailleurs de fonds de la Guinée, aujourd’hui, il y a d’importants progrès qui ont été réalisés. D’abord, sur le plan de production, on a assisté à l’acquisition de nouvelles capacités qui consistent à la réalisation du barrage hydroélectrique de Kaléta dont la capacité est de 240 Mégawatts pour un coût total de 526 millions de dollars américains. Les 75 pour cent sont financés par la banque EXIMBANK de la République Populaire de la Chine et les 25 pour cent par le budget national de développement grâce à l’insistance du président de la République qui a exigé à ce que la Guinée apporte quelque chose. Sans quoi, les Chinois étaient prêts à financer entièrement la réalisation de Kaléta. Le délai d’exécution de ce mégaprojet est de 48 mois. A ce jour, c’est le plus grand projet jamais réalisé en République de Guinée. Ce projet est plus que tous les barrages construits de la période coloniale jusqu’en 2010. C’est-à-dire la somme des puissances des barrages construits par les Blancs, par Ahmed Sékou Touré, le général Lansana Conté, le capitaine Dadis, le général Sékouba Konaté, est inférieure à la puissance de Kaléta seul. Tous ces barrages réunis, en termes de thermie, Kaléta reste le plus grand. Donc, ce que le président Alpha Condé a fait en moins de deux ans, avec Kaléta seul, cette puissance est supérieure à tout ce que nous avons fait en 114 ans. C’est-à-dire les 60 ans de colonisation plus les 54 ans d’indépendance. L’avantage, c’est de donner le courant d’abord pour la consommation domestique, donner aussi le courant pour assurer l’industrialisation du pays. Mais la réalisation de Kaléta va nous permettre de créer un point d’interconnexion ou de raccordement avec les pays de la sous-région.  C’est ce qu’on appelle le point d’adjonction qui va nous mettre sur le réseau interconnecté à partir du Sénégal, la Guinée Bissau et la Gambie. Après Kaléta, il y a le barrage de FOMI qui se situe dans la région de Kankan avec une puissance de 94 mégawatts. Au-delà du courant, le barrage de FOMI aura pour avantage le développement de la riziculture avec l’aménagement d’une plaine rizicole de 30 mille hectares. La réalisation de l’aménagement rizicole de FOMI va aussi nous permettre de développer la pêche avec une prévision de 3 mille tonnes de poissons  d’eau douce par an. Elle va ensuite permettre de réguler le fleuve Niger et par conséquent, favoriser la navigation entre la Guinée et le Mali. Un autre point non négligeable, c’est que FOMI va être un autre point d’interconnexion avec la sous-région à partir de Bamako. Cela permettra à la Guinée d’être interconnectée avec le Mali.

GCI : Faut-il réaliser aussi des micro-barrages ?

Abdoulaye Kéita : Aujourd’hui, nous avons fini les études pour la réalisation de 4 autres micro-barrages, dont le barrage de Zébéla sur le fleuve Diani à N’Zérékoré qui fait 16 mégawatts ; le barrage de Kögbèdou avec 16,5 mégawatts à Kankan ; le barrage de Touba avec 16 mégawatts à Labé et celui de Daboya avec 3 mégawatts. Mais en plus des 3 mégawatts de Daboya, c’est qu’il va être le premier barrage en amont sur le fleuve Samou. Ce qui fait qu’il va servir de régulateur pour Banéa, Donkéa et les Grandes-Chutes. Pendant la saison des pluies, on va garder l’eau à Daboya et pendant la saison sèche, l’eau va être libérée et elle sera turbinée par Banéa, ensuite libérée puis turbinée par Donkéa, libérée et turbinée par les Grandes-chutes. Ce qui fera que le système va fonctionner 12 mois sur 12.

GCI : Vous avez certainement  acquis de nouvelles machines pour une question d’efficacité?

Abdoulaye Kéita : On a fait des acquisitions de capacités thermiques. Aujourd’hui, nous avons créé le projet d’adjonction thermique de 100 mégawatts au fuel lourd. Les 15 groupes électrogènes sont déjà à Conakry. On est en train de les installer. Les 100 seront repartis  sur les sites de Tombo I pour 24 mégawatts ; Tombo II pour 26 mégawatts et Kipé pour les 50 mégawatts restants. En plus des 100 mégawatts de fuel lourd, on a eu un prêt de 25 groupes de 2 mégawatts chacun. Donc, une puissance additionnelle de 50 mégawatts en diésel. Cette centrale provisoire est actuellement fonctionnelle à partir du gas-oil. Toujours en termes d’acquisition, on a configuré dans les capitales régionales telles que Faranah, un groupe de 2 mégawatts qui fonctionnait au diésel à un groupe qui fonctionne maintenant au mazout. Ce groupe fonctionne actuellement et donne le courant à la ville de Faranah. A N’Zérékoré, il y 2 groupes de 3 mégawatts qui fonctionnaient au gasoil  et maintenant au mazout et donnent le courant en ce moment à la ville de N’Zérékoré. Il y a également 3 mégawatts à Kankan qui ont été aussi reconvertis. A Boké, avec l’appui de l’ANAIM, 2 groupes de 3 mégawatts ont été achetés. L’EDG a fourni le transformateur de 3,5 MVA aussi. Elle a fourni les cellules, les autres accessoires de raccordement plus le carburant qui fait fonctionner. Donc, cette centrale a été créée en partenariat avec ANAIM à Boké. Pour les groupes de Kankan, N’Zérékoré et Faranah, c’est la BIDC qui a apporté le financement. Aujourd’hui, le réseau a été réhabilité. On a fait l’extension en modernisant le réseau en un réseau de 30 Kilovolts à Boké. Grâce à l’appui de notre partenaire KAMA, nous avons aujourd’hui reconfiguré  le réseau de Boké. Ces travaux ont été réalisés à 100 pour 100 par KAMA.

GCI : Certains de ces matériels seront-ils acheminés dans le pays profond?

Abdoulaye Kéita : Bien sûr. Il y a eu aussi des acquisitions de nouvelles capacités de 22 mégawatts pour les préfectures. Donc, les 22 groupes représentent un don du gouvernement chinois au gouvernement guinéen. Ces 22 groupes sont présentement ici, on a fini de faire les massifs. C’est-à-dire les abris-groupes. Pour cela il faut d’abord faire le soubassement où doit poser les groupes  après on monte les murs. Bientôt on va convoyer ces groupes dans les différentes préfectures. Il faut faire remarquer qu’il y a de ces préfectures qui n’avaient jamais eu le courant en République de Guinée depuis l’indépendance. Parmi ces préfectures bénéficiaires, il  y a Boffa, Gaoual, Koundara, Mali, Koubia, Tougué, Lélouma, Kouroussa, Kérouané, Mandiana, Beyla, Yomou, Lola, Macenta, Guéckédou, Kissidougou. Il y a aussi des CRD importantes qui vont bénéficier de ces groupes telles que : Sinko, Tinièran, Banankoro, Diécké…

GCI : Tous ces réseaux sont réalisés par quelle entreprise ?

Abdoulaye Kéita : Aujourd’hui, l’ensemble de ces réseaux sont en train d’être réalisés  par notre partenaire KAMA qui a aussi financé à cent pour cent ces travaux. Parce qu’au moment où on recevait  les dons, le budget était déjà voté. Ce qui veut dire qu’on ne pouvait pas  être pris en compte dans ce budget. En plus, la Guinée était placée sous des contraintes liées à l’atteinte du PPTE. Donc, on ne pouvait pas se permettre de faire n’importe comment des dépenses sans tenir compte de ces restrictions. Il était question alors de trouver une solution. Pour cela, il a été question, vu l’urgence que commandait l’arrivée de ces groupes, de trouver un fournisseur qui était capable de préfinancer. Car avec le préfinancement, il n’y avait plus de risque ou d’incidences négatives sur les objectifs que le gouvernement s’était assignés à l’époque pour l’atteinte du PPTE. C’est ce qui fut fait. Il y a eu une consultation restreinte entre les sociétés DECON, KAMA… Mais, DECON étant une société internationale qui n’a pas voulu préfinancer et en plus elle était plus chère. C’est ce qui a fait qu’on était obligé de tenter l’option de KAMA qui avait l’avantage d’être à la fois moins cher mais aussi qui a accepté de préfinancer à cent pour cent. Elle nous offrait en plus la possibilité de la rembourser pendant 7 ans avec un an de moratoire. Cela a été un acte que nous avons vivement salué. Parce qu’elle a démontré qu’elle voulait accompagner les nouvelles autorités guinéennes dans leur volonté de fournir le courant à tout le pays. En acceptant de se préfinancer et sans recourir à des prêts auprès des institutions financières. Donc aujourd’hui, ces travaux sont beaucoup avancés et sont visibles dans ces différentes localités que j’ai citées ci-haut. Lorsqu’on fait la somme de toutes ces acquisitions, on aura environ 600 mégawatts. Alors que la capacité initiale de la Guinée était de 203 mégawatts. Ce qui nous amène à dire que les efforts du président Alpha Condé et de son gouvernement, ont permis de multiplier par 3 la capacité initiale. Sur le plan production, on s’est dit que l’ensemble de ces acquisitions va prendre un petit temps. C’est-à-dire le temps de réalisation de Kaléta, de FOMI… Alors qu’est-ce qu’il fallait pour que les consommateurs aient accès au courant en attendant que ces barrages ne soient opérationnels. C’est pourquoi, en termes de dispositions concrètes et immédiates, il fallait penser à réhabiliter les installations existantes. Lorsqu’on venait en décembre 2010, aucun des 7 groupes du parc de Tombo ne tournait. Mais, aujourd’hui, nous avons réhabilité l’ensemble de ces 7 groupes qui font plus de 70 mégawatts. Lesquels ont été injectés sur le réseau. Ce qui a permis d’apporter un plus au niveau de la desserte. En plus de ces réhabilitations des thermiques, nous avons aussi réhabilité des lignes de transport. Parce qu’en 2010, il y a eu 14 pylônes qui ont été vandalisés entre Donkéa et les Grandes-Chutes. C’est ce qui empêchait l’évacuation de l’énergie produite à Donkéa sur Conakry. A Donkéa, on a 15 mégawatts et à Banéa, 5 mégawatts. C’est la raison pour laquelle on ne pouvait pas évacuer ces 20 mégawatts sur Conakry. Le gouvernement a débloqué 500 mille euros avec l’entreprise française IGNIO qui a exécuté ces réhabilitations. Cela nous permet aujourd’hui d’évacuer  les 20 mégawatts sur la capitale. Il s’agit d’un acte qui a contribué à l’amélioration de la desserte. Toujours dans le cadre de la réhabilitation, les groupes hydrauliques ont été touchés. Puisque quand on venait, il y avait des groupes au niveau des barrages hydroélectriques qui étaient en panne. C’est-à-dire un groupe au niveau d’un barrage hydraulique, ce sont les turbines. A Garafiri, il y avait 3 turbines ; Grandes-Chutes, 4, Donkéa, 2, Banéa, 2. Parmi ce parc, il y avait 5 turbines en panne. A ce jour, nous avons pu réhabiliter 4 groupes sur les 5. Ce qui a également entraîné une puissance additionnelle ayant contribué à l’amélioration de la desserte. Garafiri, avec un potentiel de 75 mégawatts, à cause des défaillances dues aux fuites sur les turbines et de manque d’entretien, était devenu obsolète. Depuis qu’il a été créé, c’est la première fois cette année qu’elle a reçu des entretiens. Donc après entretien, chaque turbine de Garafiri fonctionne à 25 mégawatts, 24 heures sur heures. Parce que nous avons mis en place un système de gestion de l’eau  qui a permis d’avoir de l’eau 12 mois sur 12. C’est aussi le lieu de féliciter Dr Kent qui est le chef de département hydraulique et ses hommes. Passez-moi l’expression,  c’est un demi-savant. Grâce à leur ingéniosité, nous avons pu réhabiliter à moindre coût les groupes hydrauliques. Parce que quand il a été question de réhabiliter  le réfrigérant de Donkéa, les experts étrangers nous ont proposé 65 mille euros. Dr Kent et ses hommes ont réfléchi et examiné, ils nous ont demandé de leur payer seulement 6 millions 500 mille francs guinéens. Ce qui fut fait et ils ont dépanné le groupe à la place de 65 mille euros. Les experts nous avaient proposé aussi, pour la réhabilitation du groupe 2 des Grandes-Chutes, 150 mille euros. Dr Kent et compagnie nous ont réclamé 2 millions 500 mille francs guinéens. Jusqu’à présent le groupe est sur le réseau opérationnel. A cause de ces exploits, nous avons décerné un acte de satisfecit au département hydraulique de l’EDG. Aussi le bras de Banéa était arrêté depuis 7 ans. Cette année, nous l’avons réhabilité et mis sur le réseau. Voilà ce qui a été fait pour que la desserte soit améliorée aujourd’hui.

GCI : Quels ont été vos premiers chantiers ?

Abdoulaye Kéita : Après la réhabilitation du parc de production, on s’est attaqué au transport et à la distribution. Parce qu’il y avait des quartiers qui pouvaient rester dans le noir pendant 6 mois ou plus à cause d’une panne de transformateur. Nous avons ainsi commandé des transformateurs. Avant l’arrivée des commandes de l’Etat qui avait lancé une commande de 38 transformateurs et qui commençaient à accuser du retard, l’EDG a lancé la commande de 300 transformateurs. Ce qui a permis actuellement de remplacer tous les transfos grillés sur le réseau. Pour les transformateurs surchargés, nous sommes en train de les protéger. Car, il n’y avait plus de protection sur l’ensemble du réseau de distribution et de transport. Les cuivres qui permettaient de faire la mise à la terre, étaient volés ou vandalisés. Sur 600 pylônes, on a trouvé que tout a été enlevé. Ce qui fait que quand il y a pluie, souvent on constate des perturbations. Actuellement un financement a été mobilisé auprès de la CEDEAO et cela devrait permettre de reprendre complètement  le système de protection des lignes. Il y a à date 60 qui sont faits sur les 600 pylônes. Sur plan de la distribution, le réseau de Kaloum qui a été installé dans les années ‘’54‘’, est aujourd’hui confronté à une vétusté. Il était conçu pour un petit nombre de populations qui est aujourd’hui multiplié par 10. Donc la charge est donc plus grande que la capacité de conduite. C’est pourquoi, nous avons mobilisé les financements auprès de la Banque Mondiale qui nous les a accordés pour la réhabilitation et la modernisation du réseau de Kaloum. Ces travaux ont en ce moment commencé avec la société Allemande RMT. Il y aussi eu une mobilisation de financements auprès de la BAD pour la réhabilitation, l’extension et la modernisation du réseau électrique de la commune de Ratoma, aujourd’hui exécutées  à plus de 70 pour cent. Sur le terrain, chacun peut constater la mise en place des poteaux, câbles… Pour la commune de Matoto, nous avons mobilisé des financements auprès de la BID pour la réhabilitation, l’extension et la modernisation du réseau. Les travaux sont réalisés à plus de 40 pour cent par l’entreprise ivoirienne K2R. Nous sommes à la recherche de financements pour les communes de Matam et de Dixinn. Si le courant est produit, transporté et distribué, il fallait penser à sa commercialisation. Quand on venait d’arriver aux affaires, on s’est rendu compte qu’il y avait un grand nombre de consommateurs qui n’étaient pas enregistrés dans les fichiers de l’EDG.  Ce fait était dû aux branchements clandestins qui étaient extrêmement importants. C’est pourquoi, nous avons lancé le projet de recensement clientèle. Par exemple à Kaloum, il y avait avant l’opération de recensement seulement un peu plus de 3 mille clients enregistrés dans les fichiers. Mais après le recensement systématique, le nombre de clients recensés est passé de 3 mille à 14 mille 500. Voyez l’écart et imaginez les pertes et préjudices qu’on a subis à cause des branchements clandestins et des installations frauduleuses. C’est ainsi qu’on a décidé d’étendre l’expérience aux autres communes de la capitale. Aujourd’hui, trois communes ont entièrement fini d’être recensées sur les 5. Les travaux continuent pour les 2 communes qui restent. Et parallèlement, les mêmes travaux ont lieu à N’Zérékoré, Kankan, Labé, Kindia, Faranah, Boké, Mamou…   Ensuite, nous avons décidé de changer complètement la politique commerciale. Parce que c’est une politique qui est basée sur la facturation à forfait. Nous nous sommes dit qu’avec ce système, l’entreprise ne s’en sortirait jamais. Etant donné qu’elle ne dispose d’aucun instrument de mesure de sa marchandise. C’est ainsi qu’on a décidé d’instaurer les compteurs à prépaiement. A l’heure qu’il fait, 20 mille compteurs au port vont bientôt sortir pour être posés chez les clients. Désormais le courant va être comme le téléphone. Avant de consommer, il vous faudra mettre le crédit. Cette option va beaucoup contribuer à renflouer les caisses de l’entreprise. Car, dans l’ancien système, l’entreprise produisait le courant et le client le consomme pendant deux mois. Après, quand on lui envoie la facture,  il a un mois de plus pour se mettre en règle vis-à-vis de la comptabilité. Ce qui faisait pratiquement 3 mois d’attente inutile pour l’entreprise avant de récupérer son argent qu’il a engagé pour la production du courant. C’est au cas où on est vraiment sûr que le client va payer sa facture intégralement et à temps. Mais, cela comporte toujours des risques. Parce que qu’un client peut consommer aujourd’hui et avant le recouvrement il déménage ailleurs. Avec les compteurs prépayés, on évitera désormais tous ces désagréments, aux difficultés de trésorerie et autres contestations de facture. Nous avons pu mobiliser des financements auprès de la Banque Mondiale, de la BAD et de la CEDEAO pour l’acquisition de ces compteurs qui sont fournis par nos partenaires, les Egyptiens. En plus de cela, on a pris l’initiative d’instaurer les lampes économiques. Une lampe économique de 10 watts a les mêmes luminosités qu’une lampe à incandescence de 100 watts. Mais la lampe incandescente de 100 watts consomme 10 fois plus que la lampe économique. Par conséquent, la pose des lampes économiques va permettre de réduire les factures d’électricités des clients et à l’EDG, elle permettra de multiplier sa capacité de fourniture. Ces lampes économiques ne produisent pas de chaleur. Elles ont une durée minimum de vie de 10 mille heures alors les lampes à incandescence n’ont qu’une durée de vie de 1500 à 3000 heures. Aujourd’hui, il y a un million de lampes économiques disponibles à Conakry. On vient de procéder au lancement de la pose systématique de cette lampe en commençant par la commune de Kaloum. Les consommateurs peuvent s’en procurer au niveau des différentes agences de l’EDG. Toujours sur le plan commercial, on a décidé d’instituer un nouveau logiciel de gestion intégrée. Parce que celui de gestion qui existait a plus de 20 ans d’âge et ne correspondait plus à l’évolution de l’entreprise. C’est-à-dire dès qu’un client est encaissé par exemple à N’Zérékoré, à la minute près, on le saura à Conakry. En dehors de tout ceci, nous avons créé un département Lutte contre la fraude. Parce que le recensement  nous a permis de comprendre que beaucoup de clients étaient en fraude. Aujourd’hui, sur 326 clients industriels visités, 85 pour cent sont en fraude. Il y a des gens qui viennent payer l’abonnement pour le monophasé. C’est-à-dire l’abonnement avec un seul fil plus une phase neutre. Ce qui fait donc deux fils. Après, ils tirent le courant à partir de trois phases plus la phase neutre. Ce qui fait 4 fils. Cela est une forme de fraude. Ou bien, ils procèdent à un réglage disjoncteur.  Par exemple, ils souscrivent à un réglage disjoncteur de 5 ampères sur le terrain, ils mettent plus de 5 ampères. Parmi ces cas de fraudes détectés, il y a celui de l’hôtel de la RIVIERA. La facture mensuelle de cet hôtel était de 18 millions de francs guinéens. Nous avons fait des enquêtes et on a trouvé que la consommation était anormale. L’équipe de fraude a donc été mise à contribution. Après vérification, on s’est rendu compte qu’il y avait fraude. Quand on a corrigé la fraude, la facture de la RIVIERA a quitté de 18 millions à 224 millions de francs guinéens. Soit une perte de plus de 200 millions par mois à cause de la fraude. L’hôtel Novotel nous payait mensuellement 70 millions de francs guinéens. Quand la fraude a été détectée, on a corrigé. Parce que la consommation ne passait par le compteur. Ce qui a fait que la facture de Novotel est passée à 440 millions de francs guinéens. Soit plus de 300 millions de perte par mois pour l’EDG. Comment avec un tel degré de fraude, une entreprise peut s’en sortir.

GCI : A combien évaluez-vous le coût des fraudes?

Abdoulaye Kéita : En tout, l’EDG a perdu plus de 300 milliards de francs guinéens pendant près de 10 à 15 ans. Parmi ces clients fraudeurs industriels, se trouvent presque toutes les grosses entreprises de la place. Nous avons toutes les situations détaillées reconnues par ces clients incriminés. Ils ont signé et l’huissier a fait  le constat. On les a filmés et photographiés. Ces réformes importantes nous ont permis d’accroître substantiellement nos recettes qui sont montées de 7 milliards de francs guinéens par mois à 18 milliards 500 millions. Une performance qui a séduit et encourage les institutions financières telles que la Banque mondiale, le FMI, la BAD. La preuve, on vient d’avoir un financement d’une valeur de 18 millions de dollars US de la part de la Banque mondiale pour la réhabilitation, l’extension et modernisation du réseau de Kaloum. Le rôle de l’audit interne dans cette dynamique a connu une révolution. L’audit a été amélioré et élargi à d’autres niveaux en vue de rendre plus transparente la gestion interne de l’entreprise.

GCI : Il était prévu que les câbles électriques, les compteurs et les autres matériels soient gratuitement attribués et installés. Mais tel n’est pas le cas dans certaines préfectures où vos agents se livrent à un commerce devenu juteux?

Abdoulaye Kéita : Bon… Si cela se faisait, pour le moment nous ne disposons pas à notre niveau de preuves formelles qui confirment une telle attitude de la part de nos agents à l’intérieur. Pour le moment, on ne pas nous apporter la moindre preuve de cette accusation. Sinon, officiellement, il y a des équipements que nous offrons gratuitement à nos consommateurs. A propos, nous avons même passé plusieurs communiqués à la télévision et à la radio nationale pour les informer de la gratuité de ces matériels. Maintenant, si un consommateur est pressé et ne veut pas aller au rythme  de l’EDG, il tient forcément avoir le courant et cela l’amène à corrompre ou à payer clandestinement de l’argent, ça c’est autre chose. Mais, officiellement, je pense que tout le monde doit le savoir, les clients et agents en tête. Si vraiment c’est ce cas de figure, j’avoue que je ne peux pas le nier. Parce que le Guinéen est prêt à toute forme de corruption pourvu que son objectif soit atteint. Mais s’il faut enfreindre la morale et la loi, ce qui est déplorable, surtout à un moment où nous nous battons tous pour rendre le changement qualitatif et quantitatif effectif dans notre pays.

GCI : Est-ce que les nouveaux compteurs qui seront bientôt mis en fonction seront gratuits également ?

Abdoulaye Kéita : Absolument. Nous ne vendons pas les compteurs. Que cela soit clair une fois pour toute dans l’esprit de tout chacun. La seule chose qui est vendue d’abord par l’EDG, ce sont les lampes électriques économiques. Cela, parce que la lampe n’est pas un équipement. C’est pour le client lui-même. Ces lampes sont d’ailleurs revendues au coût marginal. Avant, les gens pouvaient soutirer des pièces et aller les revendre au marché Madina. Lorsque vous lancez une commande par rapport à une telle pièce, ils vont directement à Madina et viennent te présenter qu’ils l’ont trouvée ou ils vous disent qu’elle coûte moins chère que la commande extérieure qui peut aussi prendre du temps. Quand ils viennent te faire une telle offre, toi en tant que gestionnaire, vous allez penser  effectivement que c’est cette option qu’on vient de proposer qui est la meilleure. Et si tu n’agis pas avec prudence, vous  allez vous engager dans ce marché de dupe. Une ou deux semaine après, vous vous verrez confronté à des problèmes. Pour couper court à ces pratiques malsaines, nous avons décidé de mettre désormais fin à l’achat de pièces d’occasion. Qu’elles soient pour les groupes ou les véhicules. Depuis, on a cessé d’acheter des pièces avec des intermédiaires. Nous achetons directement avec des fabricants. Quand c’est le cas, je pense qu’on ne pourra plus me présenter quoi que ce soit. Parce que à ce je sache, il n’y a pas de fabricant à Madina. Depuis que cette mesure a été instituée, on enregistre moins  de cas de vol de pièces de groupe à l’EDG. C’est la même politique qu’on a adoptée au niveau des véhicules. Avant, pour acheter des véhicules de service, ce sont des intermédiaires en collusion avec des agents, qui partaient négocier des véhicules qui étaient non seulement des occasions mais surfacturés et livrés au prix du neuf. C’est pourquoi, nous avons décidé d’uniformiser le parc, en achetant directement avec les fabricants. C’est-à-dire à l’usine. Cela nous a permis d’éviter des surfacturations. Figurez-vous avec les véhicules d’occasion et les dépannages qu’on faisait chaque fois sur eux, on pouvait se retrouver finalement au bout d’un an avec le prix de deux ou trois véhicules neufs à l’usine. C’est pourquoi, tous les anciens véhicules ont été réformés pour essayer d’acheter des sortis d’usine. Pour cela, on a fait des acquisitions. Les véhicules sont arrivés à Conakry sans que l’EDG ne paie un franc.

GCI : Quelle a été la stratégie appliquée par EDG ?

Abdoulaye Kéita : On a lancé un appel d’offres. On a demandé dans nos termes de référence, c’est le fournisseur qui devait se préfinancer. A l’EDG, nous avons institué presque systématiquement la méthode de préfinancement. Parce que quand on venait, il y avait des avances qui étaient payées aux gens qui n’ont jamais réalisé les travaux ou livré les marchandages. Donc, il fallait en finir avec cette pratique aussi. D’où l’institution du système de préfinancement. Suite à cet appel d’offres, il y une entreprise qui a accepté de nous livrer 60 véhicules sortis d’usine jusqu’à Conakry. On a convenu avec le fournisseur à ce que les 60 véhicules soient payés en 24 mensualités. C’est comme si on payait en moyenne trois véhicules par mois. Les véhicules ont été livrés et les gens ont commencé à murmurer partout qu’on a de l’argent à L’EDG sans chercher à savoir comment nous avons fait pour les acquérir. Selon donc le mode de paiement convenu, chaque mois on paie et on ne le sent pas. C’est ce qui nous a permis de doter tous nos services ou structures de véhicules. Surtout les différents barrages, les exploitations , les agences, les dépannages. Il suffit qu’un client contacte une de nos agences pour n’importe quel travail  de dépannage, dans les minutes qui suivent il verra nos agents sur place. Nous avons exigé que ces véhicules restent dans les agences. Quand on arrête le travail le soir, les gens laissent le véhicule au niveau du service. Le matin, on les reprend pour les fins exclusives et strictes de service. C’est pourquoi, on ne les retrouve en circulation la journée ou la nuit  ou bien les week-ends, si ce n’est que dans le cadre de la mission commandée de l’EDG.

GCI : Pendant que la fourniture d’électricité s’améliore en haute banlieue, on a l’impression que la perturbation électrique devient de plus en plus fréquente  dans la commune de Kaloum. Qu’est-ce qui explique cela?

Abdoulaye Kéita : Vous devez comprendre que le réseau de Kaloum est absolument vétuste. A Kaloum, depuis le mois d’avril, on a lancé les travaux de réhabilitation, d’extension et de modernisation du réseau.  Mais, il faut avouer que tous les matériels ne sont pas encore disponibles sur place. Pour le moment, le peu que nous sommes en train d’exécuter en attendant l’intervention de nos partenaires allemands, subit déjà des actes de vandalisme de la part de certains citoyens malveillants. Récemment, on fait montrer à la télévision nationale des cas de vandalisme de ce genre. Les gens sont venus couper carrément le câble qui alimentait une bonne partie de Kaloum. Dans la commune de Ratoma, on a enregistré des cas similaires. Là, ces gens viennent cannibaliser les installations, pas pour les emporter ou les vendre, mais ils viennent juste couper les fils et les laissent sur place. Voilà la mauvaise foi, le cynisme de certaines personnes. Que les Guinéens sachent qu’EDG est à leur service ainsi que les câbles vandalisés. En les coupant, on provoque automatiquement de l’obscurité, le délestage dans plusieurs foyers de consommateurs. C’est pourquoi, nous avons demandé auprès du ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation et les collectivités locales à ce qu’ils nous accompagnent dans la sauvegarde de nos installations. Parce que dorénavant tout quartier qui connaîtra de pareils actes de sabotage, on le laissera dans l’obscurité pendant 6 mois. Si un quartier vandalise ses installations pour quelque motif que ce soit, nous considérons automatiquement cela comme étant un signal qui explique qu’eux, ils ne veulent pas le courant. En conséquence, nous l’abandonnerons momentanément pour faire face à d’autres secteurs plus nécessiteux et respectueux du patrimoine national. C’est pourquoi, nous avons créé un numéro vert accessible à tout le monde. Quiconque nous permet de traquer un vandale, a droit à une prime avec l’EDG.

GCI : Parlons à présent du cas spécifique de la commune de Kaloum que se trouve être le centre administratif de Guinée?

Abdoulaye Kéita : Donc, comme je disais tantôt, à cause de la vétusté du réseau de Kaloum, nous sommes confrontés à d’énormes problèmes. Il faut savoir que ce n’est pas la totalité du courant produit aujourd’hui à partir de Garafiri, de Donkéa et des Grandes-Chutes, qui est évacuée sur Kaloum. Le complément doit être assuré par les centrales thermiques qui sont à Tombo. C’est ce qui fait qu’en banlieue, le rythme de desserte est parfois plus élevé et plus régulier qu’à Kaloum. Alors qu’à Kaloum, il est prévu une desserte de 24 heures sur 24 heures. Mais, le courant est plus stable en banlieue où le réseau est plus moderne qu’ici à Kaloum qui attend que son réseau soit réhabilité et modernisé. Voilà quelques raisons qui expliquent les délestages actuels au niveau de Kaloum.

GCI : Maintenant que vous avez acquis de nouvelles machines à combien peut-on chiffrer le taux de desserte pour la zone spéciale de Conakry ?

Abdoulaye Kéita : Le taux de desserte était de 36 pour cent. Aujourd’hui, nous sommes à 70 pour cent. En termes clairs, les gens avaient 6 heures de courant par jour. Mais aujourd’hui, en moyenne, on a 18 heures. C'est-à-dire quand une zone a le courant à partir de zéro heure, elle restera alimentée jusqu’à zéro heure le lendemain.

GCI : Pourquoi l’ensemble des quartiers de la ville de Conakry ne sont pas logés à la même enseigne en matière de desserte en électricité ?

Abdoulaye Kéita : C’est pourquoi, j’ai dit en moyenne. Il y a des parties où il y a le courant 24 heures sur 24 heures. D’autres n’en ont que pendant 18 heures, 16 heures, 12 heures. Il y en a même qui ont moins de ce niveau. Mais quand on fait aujourd’hui la moyenne, cela nous fait les 18 heures. C’est donc en termes de moyenne.

GCI : Il est vrai que la desserte en électricité a connu une amélioration  à Conakry. Est-ce que cette tendance va tout au moins se maintenir après la saison des pluies ?

Abdoulaye Kéita : Aujourd’hui, ceux qui lient l’amélioration de la desserte aux pluies, sont en train d’annihiler ou par mauvaise foi ne veulent pas reconnaître les importants efforts consentis par le président de la République et son gouvernement en matière d’électrification du pays. Qu’ils me disent alors que le courant qui se trouve aujourd’hui à N’Zérékoré, à Faranah, Kankan ou à Boké est produit à partir de l’eau de pluie. Qu’ils me disent que les lampadaires qui sont en train d’illuminer les 33 préfectures du pays sont faits par la pluie. On a vu des pays qui ont connu des inondations mais qui n’ont pas de courant. La Guinée est un pays qui enregistre chaque année une forte pluviométrie, de grandes pluies. Mais on n’avait jamais connu un tel niveau de desserte en électricité. Même s’il y a la pluie, il faut qu’il y ait des machines pour transformer cette pluie en courant électrique.   Et même si ces machines existaient, si elles ne sont pas bien exploitées, entretenues, il n’y aura jamais de courant de façon satisfaisante. S’il n’y avait pas eu d’entretiens sur Garafiri et les autres barrages, est-ce qu’on allait connaître une telle avancée dans la desserte. Il faut que les gens aient le courage de reconnaître qu’il y a des efforts qui sont en train d’être faits. Sinon je défie quiconque de m’apporter la preuve que c’est la pluie.

GCI : On accuse EDG d’avoir passé un marché de 50 millions d’euros à une société de la place, en l’occurrence KAMA, sans appel d’offres. Les raisons ?

Abdoulaye Kéita : Je pense avoir répondu plus haut à cette allégation. Nous, à l’EDG, nous sommes respectueux des lois de la République mais nous tenons aussi compte de certaines contingences comme celles qui ont prévalu au moment où on a attribué ce marché à KAMA. Cela dit, chacun est libre de ses commentaires et appréciations sur ce que nous avons fait. Ce que nous refusons catégoriquement, c’est de nous laisser distraire dans notre mission par ces gesticulations inutiles. L’objectif qui nous est assigné par le chef de l’Etat et son gouvernement est clair, précis et bien défini dans le temps : améliorer la desserte, rapidement et durablement, sur toute l’étendue du  territoire national. C’est vraiment aujourd’hui notre seule préoccupation.

GCI : Tout porte à croire que le gouvernement ne pense qu’à la commune de Kaloum pour les travaux d’éclairage public. A quand le tour des autres communes de Conakry et du pays profond ?

Abdoulaye Kéita : Grâce à l’appui du gouvernement sud-africain, un appui obtenu grâce aux négociations menées par l’Ambassade d’Afrique du Sud en Guinée mais aussi grâce aux relations historiques qui existent entre l’Afrique du Sud et la Guinée. Pour l’histoire, les premiers dirigeants noirs d’Afrique du Sud, Nelson Mandela, le père de Thabo MBeki ont été formés dans les camps militaires guinéens. Leurs premiers passeports étaient guinéens. En plus, la Guinée a activement participé à la lutte contre le régime d’apartheid de Pretoria. Ces relations sont aujourd’hui raffermies par le président Alpha Condé qui a un lien politique avec le président Jacob Zuma. Car, ils appartiennent tous à l’Internationale Socialiste tout comme leurs partis respectifs. C’est-à-dire, le RPG-Arc-en-ciel et l’ANC. C’est à cause de ces facteurs que le gouvernement sud-africain a accepté de nous accorder un don de lampadaires solaires pour l’éclairage public de Kaloum. Ce don a été livré en matériels avec les techniciens sud-africains qui travaillent en collaboration avec leurs homologues guinéens. Les travaux sur l’éclairage public de Kaloum, ne sont pas encore finis. C’est la première phase.

GCI : Vous avez certainement d’autres projections dans ce domaine…

Abdoulaye Kéita : Ecoutez, je n’aime pas trop parler des perspectives. Parce que quand vous annoncez aujourd’hui que vous allez faire telle ou telle chose, il suffit qu’il y ait une petite défaillance ou un petit problème qui vient retarder l’exécution de ce projet, sans le comprendre, il y a des gens qui traitent immédiatement et de la façon la plus mécanique, que vous êtes un menteur. Sinon il y a une deuxième phase qui doit s’étendre aux autres communes. J’annonce ici qu’on a la promesse ferme des Sud-Africains. Mais, si pour telle ou telle raison, ce projet est retardé, on chantera partout que le Coordinateur a annoncé qu’il y aura l’éclairage public des autres communes…

GCI : Les lampadaires solaires publics installés le long de l’autoroute Fidel Castro ne s’allument plus ou presque. Que fait EDG pour les rehabiliter?

Abdoulaye Kéita : Ceci est prévu dans la seconde phase du projet que je viens d’annoncer. Il faut savoir que pour ces lampadaires installés sur l’Autoroute, on est confronté à un problème de qualité. Si vous remarquez, les lampadaires installés à l’intérieur du pays illuminent mieux que ces panneaux sur l’Autoroute. En plus de cela, il n’y a pas eu de dispositions par rapport à l’entretien. Parce que quand on réalise quelque chose, il faut tout de suite penser à  son entretien. Car, si on ne le fait pas, il ne pourra donner la satisfaction, les résultats auxquels on s’attend. Nous sommes tout de même en train de prendre des dispositions pour les remplacer par des panneaux plus lumineux. Mais en tenant compte aussi de l’entretien et de la qualité.

GCI : Visiblement EDG n’a pu honorer ses engagements par rapport à l’électrification de la ville de Boké lors de la célébration de l’an 54 de l’accession de la Guinée à l’indépendance de la Guinée. La ville était plongée dans l’obscurité le jour de la fête. Que s’est-il passé?

Abdoulaye Kéita : Effectivement, EDG était bel et bien au rendez de Boké. Grâce à l’initiative du président de la République, Pr Alpha Condé, d’organiser désormais les fêtes de l’indépendance dans les villes de province. Toute de suite,  nous avons pris des dispositions pour ouvrir quatre grands chantiers. Le premier grand chantier, c’était la réalisation du réseau de Boké. Je l’ai déjà largement expliqué plus loin grâce à notre partenaire KAMA. Le deuxième grand chantier, c’était la centrale électrique qu’on pu installer grâce à notre partenaire ANAIM. Le troisième chantier, c’était l’éclairage public. En partenariat avec notre ministère de tutelle et les Chinois, on a pu installer 300 lampadaires solaires et 100 lampadaires conventionnels qui avaient été injectés par KAMA.  Dernier grand chantier,  c’est la construction du siège régional de l’EDG. Cette infrastructure a été réalisée sur fonds propres de l’EDG. Aujourd’hui, cet édifice est bel et bien disponible et vérifiable.

GCI : Qu’en était-il du courant destiné à la consommation domestique ?

Abdoulaye Kéita : Il y avait le courant, à la tribune, dans les lieux publics et administratifs. Mais, on n’avait pas fini et jusqu’à présent de brancher tout le monde. Il y a 5000 branchements à faire et on ne branche que 40 par jour. Pour votre information, le jour de la fête, on était à 500 branchements sur 5000 prévus. C’est pourquoi, on pouvait facilement constater qu’une infime partie de la ville était alimentée et la grande majorité plongée dans le noir. Sinon, on était prêt. Parce que le groupe était sur le réseau. Ensuite, on a réalisé l’éclairage public dans les préfectures qui relèvent de la région administrative de Boké. C’est-à-dire Gaoual, Koundara, Boffa. Ces réalisations sont bien visibles dans ces localités.

GCI : La réussite matérielle des festivités de l’an 55 de l’indépendance nationale prévue à N’Zérékoré nécessitent d’importants travaux d’électrification. Est-ce qu’au niveau d’EDG des dispositions pratiques sont prises pour conférer à cette fête toute le succès escompté?

Abdoulaye Kéita : Je crois que pour la fête de l’indépendance qui aura lieu à N’Zérékoré, nous serons tout fait prêts qu’à Boké. Parce qu’à Boké, on avait à réaliser 4 chantiers. Alors qu’à N’Zérékoré, nous n’avons qu’un seul chantier. C’est-à-dire, le siège régional de l’EDG. Parce que les autres travaux sont  finis. On a déjà fini à N’Zérékoré avec le réseau, les lampadaires pour l’éclairage public. Ce qui reste maintenant, c’est la construction du siège. Donc, on n’y a pas assez d’efforts à fournir.

GCI : Un dernier message ?

Abdoulaye Kéita : Je pense qu’à travers ces importantes réalisations en cours au niveau de l’EDG, les efforts du président Alpha Condé, pendant plus de 40 ans, pour l’instauration de la vraie justice et l’Etat de Droit, de la liberté, de la démocratie et le progrès, ne resteront pas vains. Tout en le remerciant pour sa confiance en notre équipe pour enfin faire du rêve de l’électrification du pays une réalité, nous  lui réaffirmons une fois encore notre engagement à tout faire pour exécuter sa politique énergétique en faveur de la population guinéenne dans les règles de l’art et non par une solution de bricolage comme il a été toujours le cas dans le temps. Pour cela, j’adresse ici toute ma gratitude au ministre d’Etat chargé de l’Energie, à l’ensemble de nos partenaires, aux travailleurs de l’EDG qui sont aujourd’hui hyper motivés malgré les difficiles conditions de travail. Cette motivation patriotique  exemplaire n’a pas de prix. Enfin, nous allons remercier la population dans sa grande majorité pour sa patience, sa compréhension. Sans oublier la presse nationale, qu’elle soit publique ou privée pour son soutien inestimable. La presse ne ménage rien aujourd’hui pour sensibiliser les Guinéens sur nos difficultés, nos efforts et perspectives.

 Propos recueillis par Amara Moro Camara pour GuineeConakry.info

 





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