Jean Marie, Kouyaté, Cellou, Sidya, Fall… : quel président pour la future assemblée nationale ?
Source : Guinee News : Dernière Mise à jour : 28/01/2013
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Les élections législatives sont prévues pour le 12 mai prochain, selon la commission électorale nationale indépendante. Mais vu le retard déjà pris dans le processus électoral et surtout vu que la difficulté du fichier électoral est non encore réglée, les observateurs prédisent que cette date sera difficilement tenable et notent que le dimanche 22 septembre, seconde date proposée par la CENI, parait plus réaliste.

La mouvance présidentielle et l’opposition sont généralement d’accord sur l’urgence de la mise en place d’une assemblée nationale. L’on argumente que cette institution mettra fin à la transition politique -qui n’a que trop duré, qu’elle améliorera l’environnement politique en déplaçant les débats et les joutes politiques de la rue à l’hémicycle, et qu’enfin, elle donnera plus d’assurances aux investisseurs en cas de vacance du pouvoir.

Mais, on oublie assez souvent d’ajouter que la future assemblée nationale ne vaudra que par la qualité de l’homme(ou de la femme) qui la dirigera. Deuxième institution constitutionnelle, l’assemblée nationale doit avoir à sa tête une personne charismatique, ayant une envergure nationale et une certaine expérience, au risque de la voir contester en cas de vacance de pouvoir. Et tant qu’à faire, puisque les guinéens ont eu deux ans d’atermoiements après l’élection présidentielle, autant faire un bon travail en installant un parlement de qualité. D’ailleurs, une assemblée nationale dirigée par un personnage évanescent vaudra-t-elle mieux que le conseil national de transition, le parlement provisoire actuel ?

Une personnalité insipide à la tête du parlement n’offrira aucun gage de stabilité en cas de vacance de pouvoir. L’on imagine qu’un perchoir commandé par Jean Marie Doré, Lansana Kouyaté, Cellou Dalein Diallo, Sidya Touré ou François Lounceny Fall, aura plus d’allure et inspirera plus confiance que celui dirigé par Saloum Cissé, Mohamed Saïd Fofana ou autres seconds couteaux du parti RPG arc-en-ciel.

L’essentiel n’est donc pas l’organisation des élections législatives, mais la mise en place d’une assemblée nationale de qualité dirigée par une personnalité charismatique. Pour des raisons difficilement explicable, l’attrait du président de l’assemblée nationale légitime l’institution en Afrique.

A preuves, les rôles importants, joués par Madame Rose Rogombé au Gabon après la mort d’Oumar Bongo le 8 juin 2009 et par Dioncounda Traoré au Mali le 7 avril 2012, attestent à quel point la fonction n’est pas banale. A contrario, l’illégitimité d’Aboubacar Somparé l’a empêché de devenir le président de la transition en Guinée après la mort de Lansana Conté en décembre 2008. Aussi, au regard de cette histoire récente de la Guinée, le caractère légitime du président du parlement est déterminant pour la gestion de la vacance du pouvoir car il dissuade, le cas échéant, les velléités de putsch militaire.


Qu’on ne s’y trompe pas, au delà des élections législatives, les investisseurs tiendront à la légitimité et au charisme du personnage du perchoir avant de mettre le moindre sou en Guinée.

 

 

Amadou Tham Camara





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