Affaire 13 milliards : témoignages favorables aux prévenus, les plaidoiries et réquisitions attendues ce jeudi
Source : Guinee News : Dernière Mise à jour : 30/01/2013
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Au terme de six audiences, le tribunal de première instance de Kaloum a ordonné mardi, les plaidoiries et réquisitions prévues le 31 janvier, a-ton constaté sur place. Malgré le refus de sa demande de mise en liberté provisoire à laquelle s’est opposé le ministère public, la défense, avec la quasi-totalité des témoignages favorables à ses clients, attend, confortée, ce jeudi de cette autre phase importante du procès.

Lundi, le directeur de l’agence principale de la BCRG, Mamadi Touré, a dans son audition indiqué, qu’à la place de son agent Elhadj Balla Moussa Mara, il aurait fait la même chose ; viré les 13 milliards dans les comptes de Mill Impression et Makèmè Prestation. Car, a-t-il soutenu, il s’agissait d’une opération bancaire ordinaire comme toute autre. Absent du pays, il avait d’ailleurs donné son accord, quand son avis avait été demandé par Balla Moussa Keita. « Je lui avais dit de procéder à l’opération si toutefois elle respectait les principes bancaires. Il n’était pas obligé de demander mon avis, mais il l’avait fait par respect de son hiérarchie », a expliqué le directeur de l’agence principale de la Banque centrale.

Le 21 mai 2012, alors qu’il était de retour au pays, le directeur de la BCRG avait reçu une instruction verbale, dans les environs de 19 heures, du chef de cabinet du ministère de l’économie et des finances, Moussa Keita, de procéder à l’annulation des opérations du 18 mai. Il lui avait expliqué par coup de téléphone qu’elles ont été faites sur la base de fausses écritures. « Je lui avais dit qu’il était impossible d’annuler l’opération selon la procédure comptable. C’est quand on a reçu la lettre du ministère de l’économie et des finances le 22 mai, que j’ai appelé les banques pour leur dire que les opérations effectuées sont annulées », a indiqué le directeur de la BCRG.

Par ailleurs, le directeur de la BCRG dira que le ministre Kerfalla Yansané n’est pas constant dans ses signatures.

Après Mamadi Touré, c’est l’inspecteur des services financiers et comptables du Trésor public, Almamy Condé qui a été entendu ce lundi. Le cadre du Trésor public témoignant à charge n’a pas pu situer la responsabilité de la prétendue fausseté. Il dira que seul le chargé d’étude à la direction nationale du Budget, Ibrahima Sory Condé, le prévenu en cavale, pourrait donner des éclaircissements sur la question. En revanche, le témoin a soutenu que le circuit administratif habituel n’a pas été respecté dans le processus de décaissement des 13 milliards, et que les signatures du ministre apposées sur les lettres de transmission sont des signatures imitées.

Outre Mamadi Touré et Almamy Condé, le directeur national adjoint du Trésor Mamadi Diané, Mamadi Condé du service des grands-projets du ministère de l’économie et des finances et le premier vice-président de la BCRG, Abdoulaye Yero Baldé, ont été entendus ce mardi.

Taxé de n’avoir pas été diligent dans le traitement du présent dossier, le vice-gouverneur Abdoulaye Yéro Baldé a contredit les cadres du ministère de l’économie et des finances en soutenant qu’il a bien fait son travail. « La Banque paie au vu des ordres de virement et non des lettres de transmission. Et dans ce dossier, les ordres de virement n’ont jamais été mises en cause », s’est défendu le vice-gouverneur de la Banque Centrale de la République de Guinée. Monsieur Baldé est resté ferme sur sa position en indiquant que la lettre de transmission n’engage pas son institution qui est d’ailleurs autonome du ministère de l’économie et des finances.

A signaler qu’en renvoyant les débats au jeudi, la présidente Kadiatou Traoré est restée muette sur la demande d’expertise en écriture des signatures incriminées du ministère public. Une demande à laquelle s’était d’ailleurs opposée la défense.

 


Tokpanan Doré





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